Lens

Le Christ fait de la résistance

Publié le 23/06/2011 à 14h00

L'Avenir de l'Artois - Seuls quelques courageux ont résisté aux trombes d'eau qui se sont abattues, samedi matin, sur le centre ville de Lens. Le moment était mal choisi pour les artistes qui venaient exposer tableaux ou sculptures sur le trottoir de la rue Basly.

Le Christ fait de la résistance
Pascal Allain et son fameux Christ.
Seuls quelques courageux ont résisté aux trombes d'eau qui se sont abattues, samedi matin, sur le centre ville de Lens. Le moment était mal choisi pour les artistes qui venaient exposer tableaux ou sculptures sur le trottoir de la rue Basly.
L'idée du Rotary club Lens-Liévin était bonne, le temps un peu moins.
Mais cela n'a pas empêché Pascal Allain, sculpteur à ses temps perdus, de venir exposer une oeuvre qui ne passe pas inaperçue : le Christ en pièces de moto. Original. Clinquant, pour les uns. Mais odieux pour les autres. Ce nouveau Christ ne laisse pas insensible. Et ce n'est pas les badauds de la rue de Paris qui diront le contraire. « Je m'amuse, c'est un vrai plaisir que d'être ici, explique un Pascal tout sourire, alors que d'autres artistes, eux, plient bagage. Les gens viennent s'arrêtent, certains me posent des questions. C'est sûr que c'est choquant de voir ça dans la rue, mais c'est aussi amusant.
 » Un phare rond comme visage, deux pots d'échappement pour remplacer le visage ou encore une jante pour faire office de couronne : voici le nouveau Christ en pièces détachées. « Ce n'est que des objets que j'ai récupérés à la casse, précise cet artiste originaire de Maubeuge. L'idée ? Une fois je faisais de la moto avec un copain. Et puis une voiture s'est dirigée droit sur moi, j'ai alors baissé la tête et fermé les yeux en craignant le pire. J'ai imploré le seigneur et quelques secondes après, j'étais toujours vivant ! C'est un vrai signe du destin. » Installé face au Colisée de la rue de Paris, Pascal Allain a été motard pendant plus de quinze ans. D'ailleurs, il voulait en faire son métier. « Quand j'étais jeune, j'adorais transformer les motos pour en faire de vrais choppers américains. Lorsque j'ai voulu me mettre à mon compte, la banque ne voulait pas me financer pour un tour et une fraiseuse, j'étais dégoûté. Pourtant, j'avais une belle carte de visite puisque je customisais même les motos américaines de Coluche. »
Il achète sa maison à... M.Dieux
Alors, Pascal signe chez Spie. Mais la moto reste toujours dans un coin de sa tête. Un jour, il se rend aux Beaux-Arts de Maubeuge pour une exposition sur le métal. Lui qui aime rendre une deuxième vie aux objets est comblé. Mais l'exposition est fermée et il tombe sur Grégory Anachkov, le directeur de l'établissement. Après m'avoir demandé ce que je faisais ici, on a discuté. Mon profil l'intéressait alors je suis allé un samedi après-midi dans un atelier des Beaux-Arts où il travaillait le métal. C'est ludique et monumental, alors je suis resté ».
De fil en aiguille, Pascal fait ses propres sculptures. Il apprend. Il étonne. Et donne une nouvelle vie à son métal ». « La sculpture, ça se vit, ça bouge, ça change même de couleurs. Ce sont vraiment des sensations indescriptibles. » Désormais, Pascal a installé son propre atelier dans sa nouvelle maison de l'Avesnois. Une maison qui l'a acheté à Monsieur... Dieux.

Adrien JUSTINE



L'avenir de l'Artois